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 [RP privé] Partir c'est mourir un peu. Heureusement qu'on est bientôt arrivé.

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MessageSujet: [RP privé] Partir c'est mourir un peu. Heureusement qu'on est bientôt arrivé.   Mer 4 Sep - 10:45


Un fil se prit dans la bague d'argent et lorsque les doigts s'éloignèrent du tissu, le pan de l'écharpe chut de l'épaule de l'homme. Lorsque le vent froid mordit le peau nue les doigts se refermèrent vivement sur l'étoffe et la replacèrent dans sa position initiale.
Ils l'avaient laissés libre de ses mouvements dans le petit espace que représentait le bateau et il sentait l'appui froid de l'acier contre sa poitrine. Accoudé au bastingage il avait pu voir s'éloigner la longue langue de sable brun, les petites maisons blanches et basses et les quelques bateaux de plaisance qui  gisaient sur la coque. Peut-être était-ce parce qu'il n'avais pas l'air bien méchant. Ou alors parce qu'on leur avait dit qu'il n'était pas dangereux.

Fort heureusement, on gardait un œil sur lui. Il aurait été inquiétant que des gardiens chargés de convoyer des malades psychiatriques les laissent batifoler sous prétexte qu'ils ont l'air gentils.
L'écume se formant dans le sillage de l'embarcation lui paraissait être un adieu sans cesse renouvelé à la terre ferme. Là où il allait, il n'y avait rien d'autre qu'un hôpital. Il y aurait de la terre sous ses pieds mais il était désormais en mer pour...
Un bourrasque de vent glacé attaqua sa rétine et en arracha une larme. Il respira profondément. L'air entra dans ses poumons et se propagea plus loin encore, dans ses doigts, dans ses jambes, sous ses paupières. Le soleil pâle perça derrière un nuage et l'eau se mua en une étendue de métal liquide. Des gouttelettes de ce mercure charriées par le vent perlèrent dans sa moustache.
Il aimait la mer et elle lui avait manqué.  
Il n'avait vu se succéder que des visages et des murs, des visages et des odeurs de propres et de soigné ces derniers temps. Cela l'avait reposé un temps de la fumée et de la douce lumière orangée mais rien ne remplaçait la mer. Il était devenu un homme auprès de l'eau, sur les pontons, dans les ruelles de Liverpool. Il perçut des mouvements dans son dos. Une ombre apparut à côté de lui, un bruit de suffocation se mêla à celui, assourdissant, du moteur.
Il plaignit intérieurement ceux qui ne pouvait ressentir l'ivresse de fendre les flots à pleine vitesse sur une mer agitée.  Ou plutôt, ceux qui n'en ressentait que la gueule de bois.
Le regard flou de l'homme en noir s'attarda un instant sur lui avant de se reporter vers la cabine où son pas hésitant le dirigea.

L'eau entrait par bourrasque dans l'habitacle et allait s'échouer aux pieds d'une femme assise droite sur un banc, le regard résolument tourné vers le large. Pas un de ses muscles ne bougeait et dans le tourbillon de ses courts cheveux sombres, malmenés par le vent, son visage demeurait impassible. Sa bouche s'était ouverte plus tôt en un sourire primaire lorsqu'il l'avait rejointe sur le ponton, leur deux fidèles cours se fondant en une seule comme pour célébrer le voyage de leurs deux souverains.
Inconsciemment, ses propres lèvres s'étirèrent en un sourire amusé pour suivre ses pensées. Comme il est commode d'être fou ! Les voyages sont bien plus simples, à condition de ne pas se soucier de la destination !
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